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La fédération des associations laïques du Morbihan : une tête de pont au service de la vie associative

La fédération des associations laïques du Morbihan est une des fédérations départementales de la Ligue de l’enseignement de Bretagne. Inscrite dans un mouvement d’éducation populaire, elle se bat contre les inégalités et pour que tous les citoyens aient accès à la culture, à l’apprentissage de la citoyenneté ou au sport. La fédération du Morbihan, de son petit nom, agit localement et permet d’accompagner toutes les associations qui adhèrent à ses valeurs culturelles et sociales.

Ses actions

Elle met en place des actions pour les jeunes et les moins jeunes. Les écoliers ont droit à des formations et à des classes découvertes ! Que l’on soit étudiant ou non, on peut grâce à la fédération bénéficier d’une formation pour être animateur BAFA. Elle intervient également dans le milieu carcéral en coordonnant des actions culturelles (fête de la musique, art du cirque…).

Active sur tous les fronts, depuis quatorze ans, elle coordonne le salon du livre jeunesse du pays de Lorient, la classe !

Un véritable soutien !

Elle a un rôle d’accompagnateur pour toutes les associations qui se posent des questions sur la vie associative, sur leur communication, sur la gestion salariale, le développement durable. Les membres du conseil d’administration ainsi qu’une quinzaine de salariésforment un équilibre : les salariés experts dans leur domaine (culture, communication…) permettent de trouver des solutions concrètes alors que les bénévoles apportent un regard sur la vie associative qu’ils pratiquent au quotidien.

Cet accompagnement se fait par des journées de formations en fonction des besoins de chacun, par des journées thématiques ou des rassemblements comme celui qui a lieu tous les ans en septembreet qui permet aux associations du territoire de se rencontrer et d’échanger. Il s’agit d’échanges informels qui permettent par la suite de construire des réponses ensemble.

La Ligue du Morbihan se pose donc entête de réseau c’est-à-dire qu’elle permet aux associations d’inscrire leurs actions au sein du territoire mais également de relayer les prises de positions du département à l’échelle nationale. Elle se veut en quelque sorte le parlement des associations de jeunesse et d’éducation populaire du Morbihan.

 

Albertine Dufour

La vie de château

Il était une fois, dans une ville en Picardie, une légende qui contait la terrible histoire du château d’Enguerrand III de Coucy. Ce grand seigneur avait pour ambition de montrer au roi de France que sa puissance pouvait égaler la sienne. De ce fait, il fit construire au XIIIème siècle, un château d’une ampleur remarquable. En effet, en moins de trente ans, la bâtisse atteignit une aire de quatorze hectares, accompagnée de trente trois tours et plus de deux mille mètres de remparts.

Mais comme dans tout conte, il faut bien un « méchant », ou ici, plusieurs, portant alors le nom de Mazarin ou encore de l’armée allemande, qui firent subir nombre de dégâts à l’édifice.

Après des années de guerre et d’occupation, le château tomba en ruine, finissant dans l’oubli, effacé de tous.

 

Mais le monument, étant une fierté française mais surtout un objet de prestige pour les habitants coucyciens, ceux-ci décidèrent alors, en 1972, de se regrouper et de créer une association, pour vitaliser ce magnifique souvenir du moyen-âge.

Aujourd’hui, l’association se divise en plusieurs comités pour entretenir la vie au château.

 

Tout d’abord, plus de 150 jeunes, venant des quatre coins du monde, viennent tous les ans faire des stages dans différents ateliers (sculpture, mosaïque, archéologie, etc…)., Entièrement bénévoles, ils participent à la reconstruction matérielle du bâtiment. Mais ce ne sont pas les seuls ! Plus de 300 autres bénévoles, provenant de toute la France, particulièrement de Paris, viennent donner vie au lieu. Notamment avec quelques grands projets que sont la foire médiévale, les seigneuriales, le spectacle à la Merveille ainsi que les conférences et expositions du groupes GREC :Groupe de Recherche Et de Collection de Coucy.

 

La foire médiévale, comme son nom l’indique, est une foire regroupant plus de 10 000 visiteurs en l’espace de deux jours, ainsi que des centaines de véritables marchands de produits médiévaux. C’est un lieu « d’échange, de partage et de découvertes ».

Au contraire, les seigneuriales mettent en valeur la combativité des preux chevaliers tant admirés. Êtes-vous alors prêts à vous émerveiller devant la beauté d’un tel combat ? Aller, je suis sûre que vous trépignez d’impatience à l’idée de voir cela. (Il paraîtrait même que c’est comme cela que l’on pouvait gagner le cœur de certaines princesses ! Alors, messieurs ?)

Pour finir, le spectacle à la Merveille, accueilledes professionnels, tel qu’un metteur en scène déjà reconnu dans les spectacles de Cendrillon ou de Peau d’Âne, ainsi que quelques bénévoles habitués, pour du théâtre improvisé sous de grands costumes de l’époque.

Etl’association réserve encore de nombreuses surprise, dansleurs futurs projets. En avril 2015, ils auront l’honneur de recevoir un montreur d’ours !

Incroyable n’est-ce pas ? Et rare en France !

De plus, ils prévoient de valoriser et restaurer la porte de Laon, qui fut détruite en 1917 par les Allemands. Mais au-delà de tous ces projets, ce nombre impressionnant de personnes volontaires, ce que l’on retrouve le plus dans cette association, c’est la convivialité et le sentiment d’appartenir à une famille originale et éternelle.

Sauriez-vous être le futur petit lutin de ce château et vivre enfin, dans un conte de fée ?

 

Lisa Fersztej

 

Michel Garde la forme

Lancé dès 16 ans dans le bain de l’éducation populaire (en tant qu’aide-moniteur en centre aéré, puis moniteur et directeur de centres de vacances), il est vite sollicité par les Francas, un mouvement d’éduc’pop, pour encadrer des formations d’animateurs. C’est à 21 ans qu’il devient directeur du centre aéré de Montélimar, sans pour autant cesser d’encadrer des colonies de vacances.

La S.A.E.L., Société des Amis de l’École Laïque de Montélimar, le verra vite rejoindre les rangs de ses administrateurs, avant qu’il n’en devienne le président en 1989. Il aura par ce biais été amené à siéger au sein des instances de l’A.U.P.F., et à en devenir président (vous vous y attendiez?) en 2011.

Inutile de rajouter à l’équation les détails de sa carrière à l’Éducation Nationale comme maître d’internat, instituteur, enseignant spécialisé puis directeur dans le secteur médico-social, pour vous faire comprendre qu’il en a vu, de l’éducation populaire, Michel. Finalement, le seul court moment où il aura été absent du milieu associatif aura été ses deux courtes années de service militaire en Tunisie.

Aujourd’hui, il partage son quotidien entre l’animation de l’Université Populaire de Montélimar, des interventions dans le secteur médico-légal ou des formations informatiques, la vie statutaire de l’A.U.P.F. et, s’il reste du temps, un peu de vélo. C’est que ça en prend, du temps, de gérer cette association de plus de 600 adhérents, issus de quelques 80 associations (Université du Temps Libre, Université pour Tous, Université Inter-âges…) qui prône le partage des savoirs et l’oubli des à priori.

Mais cet emploi du temps est aussi chargé qu’une 2CV un jour de départ en vacances, et les périodes de bourre lors des colloques de l’A.U.P.F. (prochain colloque à Vichy, d’ailleurs!) commencent à peser. Michel Garde en est à son dernier mandat, et n’aurait théoriquement plus de responsabilité associative fin 2017.

Théoriquement. Il pourra peut-être enfin se remettre au vélo !

Baptiste Sanchez

Le Rire Médecin: Quand le rire débarque à l’hôpital !

Le Rire Médecin met particulièrement l’accent sur l’apprentissage du « jeu en hôpital ». En effet c’est un domaine qui nécessite un certain savoir-faire et des connaissances particulières. Les clowns sont formés durant 3 mois, alternant entre les apprentissages théoriques et pratiques. Par la suite, ils observent un duo de clowns aguerris puis participent eux-mêmes au cours des séances. Le but de tout cela est d’être le plus juste possible face à l’enfant. De ne rien dire ou faire qui puisse le perturber. Afin d’éviter tout dérapage, les comédiens prennent toujours connaissances de subtilités médicales qui pourraient influencer leur improvisation (parler lentement si l’enfant prend des médicaments influant sur ses mécanismes cognitifs,…). Plusieurs qualités dont l’empathie distanciée, une facilité à jouer en duo ou encore une énergie débordante (pouvoir improviser parfois jusqu’à 5 ou 6 heures) sont primordiales afin d’exercer son rôle « d’aide soignant humoristique » avec brio.

Certains parents sont parfois opposés à l’intervention des clowns, en particulier ceux d’enfants atteints de maladies engageant leur pronostic vital. Néanmoins ils adhèrent rapidement à cette joie et cette bonne humeur qu’apportent ces artistes à leur(s) enfant(s). Aucun patient n’est oublié. Il s’agit d’un service à part entière de l’hôpital : aujourd’hui le Rire Médecin est intégré dans 40 services pédiatriques de 14 hôpitaux différents. Les clowns sont « protégés » par une charte déontologique leur interdisant de jouer hors de l’hôpital. Cela empêche un trop grand attachement qui pourrait s’avérer perturbant pour le comédien ou l’enfant, voire ses parents. Cependant il est tout à fait possible de garder contact par mail. Les dons sont employés pour les deux tiers à rémunérer les comédiens et les formateurs car le bénévolat n’assurerait pas la qualité faisant le succès du Rire Médecin aujourd’hui. De plus, leur contrat de travail amène un certain nombre d’obligations professionnelles notamment la ponctualité, très importante vis-à-vis des jeunes patients.

Le développement de cette association ne cesse pas, bien au contraire : les candidatures sont plus nombreuses chaque année pour rejoindre la compagnie du Rire Médecin et il est désormais très valorisant pour un comédien d’avoir bénéficié de cette expérience et d’en faire la mention sur son curriculum vitae. La qualité des clowns va évidemment de pair avec l’essor de cette compagnie. Ce beau projet ne s’arrêtera pas là puisque l’objectif des cinq prochaines années est d’ouvrir un service par an dans un hôpital différent, et de professionnaliser toujours plus le clown hospitalier, car comme le dit le co-directeur de l’association, monsieur Avelot : « Le clown vient remettre de la vie, de la joie, de la bonne humeur dans la chambre » et ça, c’est un métier à part entière, de créer du bonheur.

Adrien Neuville

En route pour l’insertion sociale

Son engagement solidaire a commencé par du bénévolat dans une épicerie sociale pendant ses études. Il s’accorde également avec son métier : œuvrant pour l’insertion professionnelle, « en un sens je suis un peu baignée dans le social, mais je ne travaille pas directement auprès du public ». C’est probablement cette envie de contact qui l’a poussée à devenir bénévole. Elodie confie avoir «toujours eu une sensibilité envers ceux qui sont à la rue » «pour moi on ne devrait pas laisser quelqu’un seul sans ressources et sans aide». Agir contre ce qu’elle juge inadmissible dans le cadre d’une association s’impose alors presque comme une évidence.

La bénévole est référente du «camion en gare» du jeudi, l’un des espaces d’accueil  hors-murs d’Autremonde «où l’on va à la rencontre des personnes, 3 soirs par semaine ». On a souvent l’image de SDFs, totalement exclus, mais la mission ne concerne pas seulement ce type de personnes. «Le principe du camion est de créer du lien social, de permettre à des personnes isolées de participer à des activités, comme des jeux de société, photographie, théâtre, danse… et de peu à peu se sociabiliser.» Des gens viennent seulement pour discuter, d’autres pour s’informer. «On est une association intermédiaire, on oriente plus qu’on n’accompagne » ajoute Elodie. Son rôle est celui d’un guide, d’un médiateur, ce qui manque le plus souvent à ceux qui ont besoin d’aide : les bons interlocuteurs et dispositifs existent, mais il faut des personnes pour «faire l’aiguillage».

Agir suscite «l’impression d’être utile», «on se sent attendu à la gare, on est un repère pour certains» «en donnant les contacts on sent que la personne a obtenu ce qu’elle venait chercher». Voir qu’on a concrètement aidé quelqu’un est à la fois source de joie et gratifiant ! Ce qui plaît à Elodie c’est «l’idée d’un partage libre, d’un accueil inconditionnel ». Cependant ceci entraine souvent l’impossibilité de savoir ce qu’est devenue la personne, conséquence assez frustrante. «Et il y a des choses sur lesquelles on n’a aucune prise : quand on nous raconte des problèmes de santé, de vie, qu’on a affaire à des étrangers sans papiers… on n’a pas à notre niveau les moyens de les aider». «C’est difficile à vivre» mais on se rend compte que le seul fait d’être attentif, à l’écoute et de discuter avec eux a une importance conséquente.

Enfin l’engagement associatif lui a apporté sur le plan personnel : «J’ai fait des rencontres intéressantes, le public n’est jamais le même et on tisse des liens réciproques».

Des cours de philo à la Ligue des Droits de l’Homme

Il n’y a pas un jour où l’actualité ne traite de racisme, d’injustice ou de liberté d’expression bafouée. Tous les jours ou presque, des entraves aux droits de l’Homme sont constatées. « Il n’y a qu’à voir la façon dont les paroles dissidentes sont détournées en ce moment. La démocratie, c’est censé être la voix du peuple qui prime », nous ditPierrick Lukowski, bénévole engagé pour la défense des droits de l’Homme. Si on devait résumer l’engagement de Pierrick Lukowski, il suffirait de lire le préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. C’est ce pourquoi, dès son plus jeune âge, Pierrick Lukowski s’est engagé, pour faire prendre conscience à son prochain de ces droits si fondamentaux et universels, qui, selon lui, représentent « les bases du vivre ensemble ».


Le déclic? Les cours de Philosophie en Terminale.

« J’avais un excellent prof qui nous a appris à penser correctement, à nous sensibiliser sur les notions de justice, de liberté, à nous faire réfléchir à la vie, à la société. Je me suis alors rendu compte des incohérences de notre société ». Voilà un exemple qui redonne le moral au corps enseignant.
« Je n’ai pas eu d’autres choix que de m’engager »
Il commence par créer d’abord une association de parents d’élèves car il voit l’importance pour les enfants de la bonne cohésion des adultes dans et autour de l’école. Après s’être engagé dans l’association Défense des enfants international, il rejoint, toujours en tant que bénévole, la Ligue des Droits de l’Homme dont il fait toujours partie aujourd’hui. Par la suite, il est élu vice-président de sa communauté de communes. «  L’associatif n’était qu’un point de départ », explique-t-il, « puis j’ai continué en m’investissant dans la vie politique pour être au cœur des décisions publiques ». Au sein de la Ligue des droits de l’Homme, il intervient auprès des enfants pour les sensibiliser à leurs droits, leurs libertés et à la justice, mais aussi auprès des adultes, lors de projections débats ou de conférences. « Mon objectif est de travailler sur ce que sont les droits de l’Homme : une notion universelle censée s’appliquer à tout être humain », ajoute-t-il.

« On n’agit pas pour faire changer les gens mais pour proposer un autre point de vue, espérant faire prendre conscience »
La première satisfaction que ça lui apporte, c’est, dit-il, « agir en accord avec moi-même » en contribuant à ce que les gens vivent tous ensemble dans le bien-être et la dignité. En outre, il rajoute que l’engagement associatif « m’a permis de rencontrer des gens qui pensaient comme moi » et même bien plus, puisque à plusieurs, « cela permet d’étendre des possibilités d’actions ». Il a aussi rencontré des gens d’extrême droite, et ce furent des expériences « très enrichissantes ». Les droits de l’Homme sont «des valeurs universelles avec lesquelles tout le monde ne peut qu’être d’accord» explique-t-il, y compris pour ces personnes, et cela a permis de révéler certaines incohérences du programme auquel elles adhéraient.

Bref, Pierrick Lukowski apporte sa pierre à l’édifice d’une cause si importante et, paradoxalement, bafouée par certains et reconnue par tous.

Mécénat de compétence… C’est-à-dire ?

Le mécénat de compétence est quelque chose d’abstrait pour la majorité des gens. En quelques mots, c’est la mise à disposition ponctuelle de salariés d’une entreprise à des associations, pour quatre heures par mois, le but étant de professionnaliser ces dernières, qui, par manque de moyens financiers, ne peuvent disposer de salariés avec des compétences pointus dans un domaine.

L’association Pro Bono Lab mobilise des salariés afin qu’ils puissent aider des associations, ayant des problèmes de marketing, ressources humaines, stratégie…, sous la forme de bénévolat ou de mécénat de compétence, en organisant des rencontres appelés « Marathon », sorte de grande formation, de partage d’idées et de conseils entre membres d’associations, salariés et étudiants.

C’est par le biais de cette association que Anne-Caroline Duhamel décide de s’investir et de s’engager. Depuis maintenant un an cette maman dynamique de trois enfants et chargée de projet au sein de l’entreprise Hewlett-Packard (HP) donne de son temps pour soutenir des projets associatifs. Elle commence d’abord par un premier Marathon en tant que participante, puis un deuxième en tant qu’animatrice et enfin un troisième en tant qu’organisatrice.

« On apporte très peu à ces associations mais nous sommes tout de même fière de pouvoir rajouter notre pierre à l’édifice. »

Anne-Caroline est très humble, elle dit n’apporter que peu de chose aux associations. Cependant, elle met à disposition ses compétences et donc participe indirectement aux projets associatifs.

Quand elle partage sa rencontre avec l’association Soleil rouge, qui amène « des rires dans les chambres d’hôpitaux des enfants malades » par la présence de clowns, on sent tout ce que son engagement a pu lui apporter. Même si elle n’est pas entièrement engagée dans une association, elle leur permet de passer au dessus des problèmes administratifs pour viser plus haut.

« Les associations externes sont souvent impressionnées par le professionnalisme, le respect, l’écoute et le travail accompli en une journée ! ».

Les retours des associations et des étudiants ont poussé Anne-Caroline à poursuivre son engagement. Les associations sont ravies par le professionnalisme et l’ambiance agréable qui se dégage de cette cohésion.

Ces Marathons peuvent même aboutir à créer davantage d’engagement. Si l’on mélange une discussion autour d’un café, Anne-Caroline, une autre salarié d’HP et un membre des secours populaires, le résultat est sans attente : du bénévolat ! Et voilà notre maman faisant des papiers cadeau afin d’aider une association.

« Donner de soi même, partager et s’enrichir des différentes rencontres ». Voilà la réponse d’Anne-Caroline quand je lui ai demandé de me dire en quelques mots ce que l’engagement était pour elle. Et pour vous, l’engagement, c’est quoi ?

 

Les quatre vents : une association actrice du tourisme social

43% de la population n’est pas parti en vacances en 2013, faute de moyens. C’est trop, oui, mais ça aurait pu être plus si certaines associations ne luttaient pas contre cela. Parmi elles, l’association des Quatre vents, qui en plus d’accueillir dans son village vacances des personnes de tous horizons, emploie 72 personnes handicapées, qui contribuent au fonctionnement du village vacances.

L’origine : l’après-guerre
En 1947, la mutualité sociale agricole a pris l’initiative d’aider les enfants qui avaient souffert des années de guerres. « Ce dispositif a duré jusqu’en 1977 et en 1980, la MSA a imaginé de le transformer en village vacances » raconte Philippe HERBAULT directeur des Quatre vents, en rajoutant qu’ainsi « ce serait des gens en difficulté qui feraient venir les vacanciers ». Nous sommes en 1985, et l’association des Quatre vents est née.

Comment ça marche ?
L’association les Quatre vents créait ainsi l’ESAT (établissement et service d’aide au travail), une branche qui emploie 72 personnes handicapées qui sont en relation permanente avec les vacanciers. En effet, ils travaillent dans la cuisine-restauration, l’entretien des bâtiments et espaces verts, le ménage et la lingerie. Des salariés accompagnent les handicapés professionnellement mais aussi dans leur vie de tous les jours. Quant aux vacanciers, ils sont environ 5000 à venir chaque année, ils viennent de tous milieux sociaux et sont souvent aidés par des organismes sociaux comme la CAF ou des comités.

« En quelques heures, le regard sur le handicap change complètement »
Ainsi, mettre en contact des vacanciers et des personnes handicapées crée une « ambiance particulière, une relation différente aux personnes qui y travaillent et des liens humains très forts » explique Philippe HERBAULT, cela permet de « fidéliser notre clientèle » rajoute-il. En outre, cela crée une grande reconnaissance pour les personnes handicapés qui « sont confrontées à un milieu professionnel quasiment ordinaire ».

« L’argent est un moyen et pas une finalité »
Et pour Philippe HERBAULT, chargé de la mise en œuvre du projet associatif et de la conformité de celui-ci avec le but de l’association, cela lui apporte un « grand intérêt » car « c’est une mission très différente, l’économie est au service d’un projet autre que l’argent, les gens sont payés par leur travail » raconte-t-il.

Une vocation à s’étendre…
Dans ses statuts, l’association a la nécessité de se développer et d’innover dans l’accompagnement médico-social. « En plus de l’activité touristique, on est en train de créer un établissement qui sera une maison de retraite pour personnes handicapées » explique Philippe HERBEAULT.

Voilà, l’actualité a beau nous montrer essentiellement des mauvaises nouvelles traitant d’austérité ou d’absence de solidarité, elle en oublie trop souvent toutes ces associations qui ont vocation à aider des personnes de tous milieux, à les divertir ou à défendre leurs droits.

 

Le collectif incontournable pour l’insertion économique

« C’est un mouvement de solidarité entre les structures de l’insertion dans le monde du travail. » dixit Bénédicte Mello, membre du comité de coordination du collectif SIAE Gers.

Depuis trois ans, des structures d’insertion par l’activité économique dans le Gers se sont regroupées pour mener des démarches collectives dont l’objectif principal est d’améliorer le parcours d’insertion socioprofessionnelle des personnes éloignées de l’emploi. Le SIAE (structures d’insertion par l’activité économique) du GERS est un collectif regroupant vingt-quatre de ces structures qui peuvent être des entreprises d’insertion, des ateliers et chantiers d’insertion, des associations intermédiaires etc…

 

« Le collectif se place comme un moteur du département. » souligne Bénédicte Mello.

Le premier leitmotiv de ce collectif est d’améliorer le parcours d’insertion socioprofessionnel des personnes éloignées de l’emploi, c’est-à-dire les bénéficiaires des minima sociaux, les jeunes sans diplôme, les personnes proches de la retraite ou encore les handicapés.

Pour ce faire, le collectif a quatre actions principales. Tout d’abord il sensibilise les entreprises, les collectivités locales et les particuliers, qui sont leurs usagers, à la question de l’insertion par l’activité économique. Dans un deuxième temps, le collectif améliore les formations proposées à leur public. En effet, il essaie de les améliorer en mutualisant des formations et en en créant de nouvelles sur des thèmes particuliers : la santé et la sécurité au travail (SST), l’habilitation électrique, la CACES (manœuvre de chariots élévateurs)…

Une autre action consiste à interpeller les institutions publiques sur les problèmes et les besoins identifiés sur le terrain. De plus le collectif souhaite développer l’usage des clauses sociales. Un marché public donne du travail aux entreprises mais aussi aux collectivités locales… et le principe est d’insérer dans leurs appels d’offre des clauses sociales auxquelles peuvent répondre les SIAE. Représentant un véritable levier pour promouvoir l’insertion des publics en difficultés, les SIAE essayent de les promouvoir et de les valoriser.

 

« De nouvelles perspectives pour 2015, appuyées par le changement de statut de notre collectif » dit Bénédicte Mello.

En 2014 l’association a participé au DLA (dispositif local d’accompagnement) dispositif co-piloté par l’Etat, la Caisse des Dépôts l’Avise, et le Mouvement Associatif. Des enquêtes ont été mises en place pour mesurer l’impact de collectifs et associations d’utilité sociale créatrices d’emploi sur le développement des activités et des emplois. L’enquête sur le SIAE du Gers a prouvé que leurs actions ont eu un réel impact. C’est pour cela qu’ils ont le projet de transformer leur collectif informel en association loi 1901 pour avancer plus sereinement, car l’aspect informel peut parfois limiter certaines actions.

Voilà comment le SIAE est engagé pour la réinsertion des personnes éloignées de l’emploi : ils se mobilisent et travaillent ensemble pour changer les choses.

Paysan mais engagé

Mickaël Evrard est devenu paysan bio en AMAP en 2007. Associatif et syndicaliste depuis toujours, il a réussi à allier agriculture et engagement, ce qui n’est pas une évidence !

De l’associatif à l’agriculture

Avant d’être paysan, Mickaël a été pendant une dizaine d’années animateur de loisirs chargé de la formation dans une structure associative à Amiens. Un jour, dans le cadre de son travail, il s’intéresse à l’éducation relative à l’environnement. C’est ainsi qu’il décide de se reconvertir dans l’agriculture biologique.

Depuis, il est agriculteur, ou plutôt paysan. Le qualificatif est important : “Je vis de la terre”, explique Mickaël, “et je ne suis surtout pas un exploitant qui en profite sans la nourrir en retour”. Une réflexion motivée. “Mon passé de militant associatif m’aide encore aujourd’hui. C’est un véritable avantage, surtout dans un secteur qui n’est pas très engagé”.

Si vous lui demandez d’où vient ce désir associatif, il vous répondra, étonné par la question : “je ne sais pas, c’est normal !”

Les AMAP, lieu d’échanges

Une AMAP, pour Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne est “constituée par un groupe de personnes qui souhaite créer un partenariat avec un ou plusieurs producteurs locaux, ayant des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement” selon la Fédération des AMAP de Picardie dont Mickaël est le vice-président.

Lorsqu’il a commencé la paysannerie, il a pensé au bio, mais pas aux AMAP. Une fois découvert, le principe lui a tout de suite plu. Il fournit aujourd’hui entre 100 et 120 familles par semaine. “L’avantage des AMAP, c’est que le lien entre le producteur et les acheteurs n’est pas marchand. On ne parle d’argent qu’une fois par an lors de l’adhésion. Les discussions tournent ainsi autour de la découverte des légumes et des recettes de cuisine!”

En résumé, l’AMAP c’est donnant-donnant. Les paysans peuvent exercer leur métier dans de meilleures conditions de travail et financières tandis que les “amapiens” mangent des produits de meilleure qualité.

Formateur dans l’âme

La formation, il ne l’a pas oubliée. De temps à autre, il accueille des jeunes en stage pour leur apprendre son travail. “La production bio, c’est encore plus difficile que l’agriculture conventionnelle. Et le métier a plutôt bonne image : j’essaie de leur montrer les autres côtés”. Sans oublier de leur transmettre ses valeurs associatives.

Jérémie Poiroux